Le Parkour est-il accessible à tout le monde ?
- Aurélien Soulimant

- 29 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 avr.
Si tu lis ces lignes et que tu fais partie des nombreuses personnes qui pensent que le Parkour est un sport extrême, réservé à une poignée de jeunes casse-cou, laisse moi 3 minutes pour t’expliquer pourquoi je pense exactement l’inverse.
Personnellement, j’ai commencé le Parkour en 2009. J’avais 13/14 ans, et avec mes potes, on a connu l’émergence de cette discipline sur YouTube. On a commencé à grimper, sauter partout où l’on pouvait, dans notre petit village breton. On se lançait des petits défis, et on jouait au chat en utilisant naturellement des techniques de saut et de grimpe.

Je suis quelqu’un de prudent. J’ai toujours aimé bouger, mais je ne suis pas un casse-cou. Le Parkour est une véritable discipline, où l’on apprend à bouger en respectant son corps et son environnement. Il nous apprend à ne pas brûler les étapes… et surtout, la patience.
En 17 ans de pratique, corps et âme, je ne me suis blessé sérieusement que deux fois (sans compter les petites entorses et les bobos).
Ce qu’il faut comprendre, c’est que derrière un saut, il y a énormément d’entraînement, de persévérance, de tests et de connaissance de soi. Les sauts ne sont jamais réalisés n’importe comment, ni n’importe quand. Ce que l’on voit généralement du Parkour, ce sont des sauts impressionnants réalisés par des traceurs avec souvent plus de 10 ans d’expérience. Ce ne sont pas de vulgaires “Jackass”.

Chaque personne qui commence ce sport le fait pour une raison personnelle. Elle adapte ses entraînements et sa manière de bouger à ce qu’elle recherche, à ce qu’elle aime.
Le Parkour ne consiste pas à faire de gros sauts entre deux toits. Il s’agit simplement d’utiliser son corps pour franchir des obstacles, se renforcer physiquement et mentalement. Il peut prendre plusieurs formes, avec plus ou moins d’intensité et d’engagement.
Sauter entre deux bancs, entre deux trottoirs, franchir une barrière ou sauter d’un mètre dans le sable, c’est déjà faire du Parkour.
C’est une méthode d’entraînement naturelle. Elle nous ramène à des mouvements innés, que l’on faisait spontanément enfant, mais que l’on perd en grandissant — à cause du regard des autres et de nos peurs.

Je suis coach de Parkour depuis quelques années et j’ai eu l’occasion de donner des cours à des enfants, à des adultes, mais aussi à des seniors. (Reserve ta séance ici)
Le Parkour est adaptable à tous. On ajuste les distances, les techniques et l’intensité en fonction des objectifs, de l’âge, de la motivation et des capacités de chacun.
Il y a quelques mois, j’ai donné un cours à une famille de quatre personnes :un fils de 17 ans, une maman d’une quarantaine d’années avec sa sœur, et le grand-père de 71 ans.
Tout le monde a pu bouger, apprendre et progresser en toute sécurité et en toute simplicité.

Nous avons un imaginaire du Parkour qu’il faut revoir, agrandir et étoffer.
Il peut être bien plus que des sauts entre deux toits. Il peut être un moyen de retrouver confiance en soi, de sortir dehors, d’explorer le monde, de gagner en agilité, en force, en concentration, en équilibre…
C’est un sport ludique, naturel, accessible à tous, par sa simplicité de mise en action. Avec une vraie philosophie et des valeurs fortes, qui sont, à mon sens, des piliers essentiels de cette pratique.
Alors la prochaine fois que vous entendrez parler du Parkour — ou que vous en parlerez autour de vous —j’espère que vous aurez une autre réflexion que :
“c’est un sport extrême ”ou“ ce n’est pas fait pour moi”
Et qu’ensemble, on pourra sortir de chez nous, bouger librement, sans contrainte et sans peurs,
pour notre bien… et celui de tous.
Aurélien Soulimant


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