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Parkour en salle ou en extérieur ?

  • Photo du rédacteur: Aurélien Soulimant
    Aurélien Soulimant
  • 7 févr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 févr.

Je voulais prendre le temps d’écrire à propos de mes ressentis et de mon expérience face à l’évolution du parkour.  Pas pour juger, ni pour opposer, mais pour partager une vision, un vécu, et surtout le message profond que cette pratique m’a transmis au fil des années.


Petit rappel pour celles et ceux qui ne connaissent pas Le Parkour



Le Film Yamakasi de Luc Besson, 2001
Le Film Yamakasi de Luc Besson, 2001

Le parkour est une discipline née dans la rue, en France, dans les années 1990, et a été popularisée par les Yamakasi et David Belle. À l’origine, il ne s’agissait pas d’un sport structuré, encore moins d’une discipline compétitive, mais d’un art du déplacement, libre, brut, profondément humain.




Il y a quelques années maintenant, la fédération de gymnastique s’est emparée du parkour, qui est devenu l’une de ses disciplines officielles. Cette évolution a profondément transformé la manière dont le parkour est transmis et perçu aujourd’hui.


Une compétition de Parkour
Une compétition de Parkour

Mon histoire avec le parkour


Moi, c’est Aurélien, j’ai commencé le parkour en 2009, j’avais 13 ans.


À l’époque, pas de coach, pas de structure, pas de planning, juste une envie viscérale de bouger, d’explorer, de se dépasser. Je pratiquais avec des amis, mais aussi beaucoup seul.


Session Parkour sur un Parking à Laval
Session Parkour sur un Parking à Laval

Les vidéos YouTube étaient nos maîtres. Elles nous inspiraient sur les mouvements, nous donnaient des idées, nous permettaient d’observer, de comprendre, d’imiter. Les reportages et interviews des fondateurs et des pratiquants expérimentés, nous transmettaient l’esprit, les valeurs et la philosophie derrière le saut.


À mesure que je me développais physiquement et mentalement, je commençais à comprendre ce qui m’animait vraiment dans cette pratique. Je sentais que le mouvement n'était pas la finalité, c’était pour moi à ce moment-là, un outil d’exploration et de recherche pour comprendre des choses plus profondes de la vie


Ce qui m’a touchée, profondément, c’était le message derrière le mouvement. Le parkour me parlait de liberté, de dépassement, de responsabilité et de connaissance de soi.


Saut de détente sur un toit en Grèce
Saut de détente sur un toit en Grèce

Apprendre dehors, au contact du réel


J’ai appris mes premiers mouvements avec des amis, directement dehors, sur le béton, au contact brut de la réalité. Pas de tapis. Pas de mousse. Pas de trampoline.


Juste nous, notre imagination, nos défis et cette volonté de reproduire les mouvements de ces hommes et femmes que l’on pouvait observer sur internet et qui semblaient défier la gravité.


Je n’ai jamais vraiment eu de plan d’entraînement. Et honnêtement, je pense que si j’avais découvert le parkour dans un club, avec des horaires, un plan et des objectifs précis, je n’aurais probablement pas accroché de la même manière.


Ce que j’aimais, c’était la liberté. Je n’avais pas envie qu’on me dise quoi faire, ni quand m’entraîner, je voulais avoir le choix.


Mes entraînements ressemblaient à ça :


Assis sur un muret, repos entre deux sauts
Assis sur un muret, repos entre deux sauts

Partir de chez moi à vélo, explorer la ville à la recherche de spots, bouger selon mes envies. Parfois m’entraîner une heure, puis m’asseoir, observer, ne rien faire. Puis repartir ailleurs, recommencer. Je me lançais des défis en fonction de mes envies, je testais ma résistance, ma volonté, j’étais connecté à mes ressentis.




Mon environnement était un terrain de jeu infini, un banc devenait un agrès, les trottoirs, murets ou escaliers devenaient des partenaires d’entraînement pour des heures entières, j’étais libre et je me sentais vivant.



Saut de détente dans les marches qui mène à une église à Lannion, Bretagne
Saut de détente dans les marches qui mène à une église à Lannion, Bretagne

Le parkour en salle : un outil, pas une finalité


J’ai moi-même côtoyé des salles de gymnastique et participé à l’ouverture de sections “parkour”. Et je le dis clairement : il y a un intérêt à la pratique en salle.


La salle permet :

  • de s’entraîner au chaud et au sec en hiver

  • de mieux comprendre son corps dans l’espace à travers les acrobaties

  • de tester et créer des mouvements difficiles à apprendre directement dehors.


Pour moi, le parkour en salle est un complément à l'entraînement en extérieur.


Parkour en salle de gymnastique
Parkour en salle de gymnastique

Malheureusement, il est l’unique terrain d’expression pour la plupart des pratiquants actuels.


Ceux qui ne pratiquent qu’en salle ne découvrent qu’une partie du parkour. C’est alors qu’il ne devient qu'un sportl’objectif n’est que performance physique et esthétique à travers l’accumulation de figures et techniques destinées à  gagner des compétitions ou à nourrir son feed Instagram


Et finalement, pourquoi pas


Cet article n’a pour objectif que de partager une réflexion et de vous rappeler qu’il y a d’autres chemins possibles…



Le parkour en extérieur : là où tout prend sens


En extérieur, tout change.


La météo influence les mouvements, le sol n’est jamais parfaitement plat, les murs ne sont pas pensés pour nous, les matériaux, les textures et les configurations sont multiples, changeantes et rendent l’exercice d’adaptation et de créativité intéressant. 


Regarder, réfléchir, analyser - les étapes d'un saut sur une branche à Fontainebleau, Paris.
Regarder, réfléchir, analyser - les étapes d'un saut sur une branche à Fontainebleau, Paris.

C’est précisément là que le parkour révèle sa profondeur.


En extérieur, le parkour permet :


  • une adaptation constante à l’environnement

  • une vraie liberté de mouvement et de choix

  • le développement de l’imagination et de la créativité

  • une plus grande autonomie

  • une responsabilité personnelle face au risque

  • une connexion à sa ville, à la nature, à l’instant présent


On apprend à prendre le temps avant de sauter, à observer, à écouter ses peurs, ses envies, à faire attention, à prendre soin de soi et de son environnement. 


Chaque saut devient une question intérieure :


Est-ce juste ? Est-ce nécessaire ? Est-ce que je me respecte ?


Et ces questions dépassent largement le cadre du mouvement.


Un passe muraille en pleine nature dans la forêt de Fontainebleau
Un passe muraille en pleine nature dans la forêt de Fontainebleau

Ce que le parkour m’a appris sur la vie


Le Parkour n’est pas un chemin facile. Il demande de l’engagement, de la patience, de la persévérance. Il nous confronte à nos limites, à nos peurs, à nos excès. Il nous apprend parfois à renoncer, à attendre, à revenir plus tard, à trouver l’équilibre, la justesse.


Saut au dessus d'une piscine au Maroc
Saut au dessus d'une piscine au Maroc

Mais en échange, il offre quelque chose de rare :


Une transformation intérieure profonde.


Le Parkour m’a appris à être plus présent, à faire confiance à mes ressentis, à avancer pas à pas en respectant mon corps et mon environnement. Il aide à comprendre que, comme dans la vie, chaque obstacle est une opportunité de grandir


Dans un monde de plus en plus artificiel et superficiel, le Parkour nous ramène à la vérité, au réel, au concret, au vivant. C’est un message d’amour, de courage et de reconnexion à soi et au monde à travers le mouvement.


Alors si toi aussi t'as envie de te lancer dans cette quête intérieure, rejoins l'aventure et réserve un cours avec moi sans attendre !


Aurélien Soulimant.


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