Compétition : être le meilleur ou être meilleur ?
- Aurélien Soulimant

- 22 févr.
- 3 min de lecture
La compétition est partout
La compétition est profondément enracinée dans notre société. Dès l’enfance, elle s’immisce dans nos vies sous des formes parfois invisibles. À l’école, on attribue des notes, on classe, on compare. Très tôt, on associe la valeur d’un enfant à une performance mesurable, comme si l’intelligence pouvait se résumer à un chiffre.

En grandissant, ce mécanisme ne disparaît pas, il change simplement de visage. On compare nos parcours, nos réussites, nos possessions. Le meilleur métier, la plus belle maison, la plus grande reconnaissance. Peu à peu, certains finissent par poursuivre non pas ce qu’ils ressentent profondément, mais ce que la société valorise. Le regard des autres devient un juge silencieux. La peur du rejet, du jugement, ou simplement d’être différent, nous pousse à rentrer dans des cases qui ne sont pas les nôtres.
Notre économie elle-même repose sur ce principe. Nos systèmes encouragent la compétition permanente. Et dans le sport, elle est souvent glorifiée comme une finalité. Pourtant, cette logique porte aussi ses dérives : dopage, tricherie, corruption, violence, ego démesuré.

Mais il existe une autre voie.
Pour moi, le déclic est venu à travers une pratique qui a bouleversé ma vision du monde : le Parkour.
Le Parkour : une autre manière d’exister
J’ai découvert le Parkour à l’âge de 13 ans. Immédiatement, quelque chose a résonné en moi. Ce n’était pas seulement un sport. C’était une philosophie.

Dans le parkour, il n’y a pas de classement. Pas de podium. Pas de médaille.
Il n’y a que soi-même. Contrairement aux idées reçues, le but n’est pas de sauter le plus loin ou le plus haut possible pour impressionner les autres. Le but est de progresser, de se comprendre, de se renforcer.
Le Parkour est fondé sur le dépassement de soi, l’entraide, le partage et l’humilité.
Il nous confronte à nos peurs, à nos doutes, à nos limites. Il nous apprend la patience, la responsabilité, et surtout, la confiance. Il ne permet pas de tricher. Il n’y a aucun raccourci. Seulement l’expérience, l’engagement, et la présence.

Le Parkour a été pour moi un véritable maître. Un guide. Une voie de transformation.
Dans un monde dominé par la compétition extérieure, il m’a appris l’existence d’une compétition intérieure.
Non pas contre les autres. Mais contre moi-même.
La seule compétition qui ait du sens
Cette compétition intérieure n’est pas une lutte contre les autres, mais une rencontre avec nos propres peurs.
Chaque obstacle devient un miroir. Chaque hésitation révèle une limite intérieure. Et chaque dépassement devient une victoire silencieuse.
Progressivement, le sens de la compétition se transforme. Il ne s’agit plus de devenir le meilleur parmi les autres, mais de devenir une meilleure version de soi-même.
Sortir de sa zone de confort devient un acte de vie. C’est dans ces moments que nos sens s’éveillent, que notre présence s’intensifie, et que la transformation devient possible.
Dans cette dynamique, les autres ne sont plus des adversaires. Ils deviennent des alliés.
Leur présence nous élève. Leur courage nous inspire. Leur progression nourrit la nôtre.
On ne cherche plus à écraser, mais à grandir ensemble. Et c’est infiniment plus beau.

Être fort pour être utile
J’ai retrouvé cet esprit durant mes trois saisons au Puy du Fou, dans le spectacle des Vikings.
Là-bas, il n’y avait pas de rivalité entre les acteurs. Seulement du respect, du soutien, et un objectif commun : offrir quelque chose de plus grand que nous-mêmes.
Nos capacités physiques n’étaient pas utilisées pour dominer, mais pour servir.
Pour créer de l’émotion. Pour faire rêver des milliers de personnes.
La devise du Parkour prenait alors tout son sens : être fort pour être utile.
La force n’était plus un outil d’ego, mais un outil de contribution.

Se confronter à l’inconnu
C’est dans cette continuité que j’ai décidé de participer à Koh-Lanta. Non pas pour battre les autres, mais pour me rencontrer moi-même dans des conditions extrêmes.
Je voulais sortir de ma zone de confort. Explorer mes limites. Observer ce qui se passe en nous lorsque tout repère disparaît. Lorsque le corps fatigue, lorsque le mental vacille, lorsque l’environnement devient hostile.
Que reste-t-il de nous lorsque tout le superflu disparaît ?
Vous découvrirez la suite de cette expérience dans le prochain article.

Pour finir, comme l’écrit Kilian Jornet dans son livre "Courir ou mourir" :
« Gagner, ce n'est pas battre les autres, gagner, c'est se vaincre soi-même, vaincre notre corps, nos limites et nos peurs. Gagner, c'est se dépasser soi-même et transformer ses rêves en réalité. »



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