La victoire intérieure - ce que Koh Lanta m’a révélé
- Aurélien Soulimant

- 1 mars
- 4 min de lecture
Je suis Aurélien Soulimant, et en 2019, j’ai eu l’opportunité de participer à l’émission Koh-Lanta lors de la saison “La Guerre des Chefs”. À cette occasion, j’avais écrit un article pour témoigner de ce que cette aventure avait profondément transformé en moi. Aujourd’hui, je vous le partage à nouveau. Plus qu’un souvenir, c’est une leçon de vie que j’ai reçue du bout du monde.
38 jours d’aventure, face à soi-même

Lorsque l’on postule à ce genre d’émission, on sait que ce ne sera pas facile. On imagine la faim, la fatigue, les difficultés. On s’y prépare mentalement. Mais rien ne peut vraiment nous préparer à la réalité. La vivre est une toute autre expérience.
La difficulté est décuplée. Des facteurs que l’on n’avait même pas envisagés prennent une place immense. Le temps s’étire. Les repères disparaissent. Nos proches sont loin. Très loin. Les besoins les plus primaires — manger à sa faim, se reposer, se sentir en sécurité — ne sont plus satisfaits.
Le moindre effort demande une énergie considérable. Les vertiges deviennent presque quotidiens. Le corps est affaibli, l’esprit vacille parfois. Et pourtant, quelque chose nous pousse à continuer. À tenir. À ne pas abandonner.
Bien sûr, il y a l’appel de la victoire. Les 100 000 euros promis au vainqueur. Mais au fond, ce n’est pas seulement cela. Pour moi, c’est avant tout une confrontation avec soi-même; une exploration intérieure.

Le jeu… et l’humain
Dans la vie de tous les jours, je suis quelqu’un de joueur. J’aime gagner. Je suis fair-play, mais je joue à fond. Je sais mettre l’affect de côté, car je sais que l’enjeu reste symbolique. Mais là-bas, tout change.
Les conditions sont tellement éprouvantes que quelque chose de plus profond prend le dessus : l’instinct. L’instinct de survie. Et dans cet état, mentir, manipuler ou écraser quelqu’un devient une épreuve bien plus difficile que n’importe quel défi physique. Car derrière chaque stratégie, il y a un être humain qui souffre autant que vous.
Psychologiquement, cela a été l’une des choses les plus difficiles pour moi. J’ai alors compris que ma manière d’aller au bout ne passerait pas par la manipulation, mais par l’authenticité. Rester moi-même. Avancer avec sincérité. Me dépasser, non pas contre les autres, mais contre moi-même.

Le moment où tout bascule
La compétition nous pousse à repousser nos limites. Elle nous place face à nos frontières physiques et mentales. Dans cette idée là, il y a des moments où quelque chose bascule, dans notre corps et dans notre tête. Quelque chose de presque mystique.
Pour moi, ce fut lors de l’épisode 12. J’étais en danger. Je le savais. Si je ne gagnais pas l’épreuve d’immunité, mon aventure s’arrêtait. Il n’y avait plus d’alternative. Soit je gagnais. Soit tout s'arrêtait là.
Face à cette réalité, quelque chose s’est éveillé en moi. Une force que je ne connaissais pas encore pleinement. Gagner n’était plus une option. C’était devenu une nécessité. Pas pour prouver quoi que ce soit aux autres. Mais pour me prouver à moi-même que j’étais capable d’aller au bout.
L’épreuve des Koalas

Je suis arrivé sur cette épreuve comme un gladiateur dans une arène.
Avec une seule intention : ne pas lâcher.
À cet instant, tout a disparu. Le mental s’est tu. Les doutes aussi. Il ne restait que le moment présent. Mon corps, mon souffle, ma volonté. La douleur était là, mais elle n’avait plus d’importance.
J’ai fait un choix simple et radical : ne pas abandonner. Ma volonté était devenue plus forte que la douleur, plus forte que la peur, plus forte que tout. C’était exactement la même sensation que lorsque je pratique le Parkour.
Cet état où l’on est totalement présent. Où il n’y a plus de futur, plus de passé. Juste l’action. Juste la vie, qui s’exprime pleinement. Un état où l’on touche du doigt la vérité.
La victoire intérieure

46 minutes accroché à un poteau au milieu des îles Fidji, à l’autre bout du monde.
Lorsque j’ai remporté cette épreuve, j’ai ressenti quelque chose de familier, et pourtant nouveau à la fois. La satisfaction. L’accomplissement. La joie profonde. Mais surtout, un immense soulagement.
Ce n’était pas seulement une victoire dans un jeu. C’était la découverte d’une partie de moi-même. Une preuve que nous possédons tous des ressources insoupçonnées.
Ce jour-là, j’ai compris une chose essentielle :
Nous sommes bien plus capables que ce que nous croyons.
La plupart de nos limites ne sont pas physiques. Elles sont mentales. Et lorsque nous faisons le choix de ne pas abandonner, lorsque notre intention devient plus forte que nos peurs, alors quelque chose s’ouvre. Un espace de puissance intérieure.
Cette aventure ne m’a pas seulement appris à survivre sur une île, elle m’a appris à rencontrer des parties de moi qui était jusqu’alors inexploité.
Et cette rencontre a changé ma vie.
Aurélien Soulimant

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